Voici la Tribune que l'Humanité a publié vendredi 14 septembre.
Nicolas Hulot a tenté de convaincre les politiques de tout bord de verdir leurs actes : conseils à Chirac, pacte écologique proposé aux candidats à l’élection présidentielle de 2007, missions auprès d’Hollande… Puis engagement plus direct avec son rôle de ministre en 2017. En vain.
Ce parcours ainsi que sa démission fracassante signe l’échec de l’idéologie « ni droite ni gauche » qui inspire certains écologistes autour de l’idée d’un sauvetage de la planète consensuel, dépassant les clivages politiques. Illusion fatale.
Et le meilleur pourfendeur de cette idée d’une écologie « au-dessus des partis » est … Nicolas Hulot lui-même ! Lors de sa démission il fustige, je cite, « un modèle économique qui est la cause de tous ces désordres (écologiques) ». Allons au bout de sa logique … ce modèle, c’est le capitalisme, avec sa logique de surexploitation de l’Humain comme des ressources naturelles, avec sa logique de profit court-termiste qui se fiche des impacts environnementaux : « l’écologie, ça va bien » disait Sarkozy pour signifier que ça amuse la galerie sauf quand ça empêche de faire des affaires !
Je le crois, la démission de Hulot est une « chance » pour la cause écologique car elle achève de ruiner les dernières illusions sur l’écologie trans-partisane, échec idéologique comme dans la pratique. Elle provoque une structuration des réponses écologiques sur un axe droite-gauche, et permet, je le crois, d’identifier plus fortement dans l’opinion les valeurs écologiques comme un marqueur de la gauche de transformation.
La suite de l’histoire s’écrit maintenant. L’échec de Hulot et la question de son remplacement installe une petite musique désagréable : qui pourrait le remplacer si lui, « le meilleur d’entre nous », n’a pas réussi ? On voudrait nous inviter à renoncer au changement écologique nécessaire qu’on ne s’y prendrait pas autrement ! La pédagogie du renoncement, c’est, à droite une des réponses possibles aux enjeux environnementaux, avec le « green washing » ou, dit autrement, le pognon de dingue que l’on peut se faire pour traiter (partiellement) les pollutions … sans traiter les causes de ces pollutions !
Le président des riches, cajolant les lobbys, ne fera rien de révolutionnaire pour l’environnement. Pourtant, il faut des ruptures profondes, une sortie du capitalisme, et porter une vision alternative : une société écologique, partageuse et solidaire. Et des propositions concrètes à usage immédiat. C’est possible, nécessaire, urgent.
Le changement climatique, étant la mère des batailles écologiques, nous proposons un plan d’urgence pour que la France agisse et envoie un signal à l’Europe et au monde. 3 propositions pour cela, sachant qu’en France, le transport est le plus gros émetteur de gaz à effet de serre, donc le plus fort contributeur au changement climatique:
- que l’Europe décide d’un programme de grands travaux afin de développer le transport ferroviaire, passager et marchandise. La BCE peut le financer plutôt que d’envoyer ses liquidités sur les marchés financiers !
- relocaliser les productions pour réduire le transport marchandise et créer des emplois. Produire local et durable plutôt que dans les pays à bas couts salariaux !
- rendre gratuits les transports en commun. Les députés PCF travaillent une proposition de loi dans ce sens.
Nous pouvons agir localement pour créer les rapports de force nécessaires à l’application de ces propositions … et bien d’autres issues des assises communistes de l’écologie. Parce que l’urgence écologique exige de convaincre et d’agir !
Mon livre à commander sur ce lien:
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