Voici l'intervention que j'ai faite au dernier conseil d'agglomération à propos de l'augmentation (abusive) des tarifs de l'eau.
Mr, le président, Chers collègues,
Puisqu’on parle d’eau, j’aimerai vous parler ruissellement. Le gouvernement a théorisé le ruissellement : on donne aux riches pour qu’ils soient encore plus riches et que ça ruisselle vers les pauvres. Dit autrement qu’ils partagent un peu de leur richesse aux pauvres (un peu, hein, faut pas pousser quand même !) … Le président des riches, et le gouvernement ont donc supprimé l’Impôt sur les grandes fortunes … et on attend toujours le ruissellement, il tarde à se faire sentir ! C’est plutôt du stockage outrancier au sommet, tous les économistes sérieux le disent ! Pour leur part, les couches les moins favorisées et les couches moyennes (c’est-à-dire plus de 90% des français) voient leur pouvoir d’achat se rétrécir d’année en année …
Alors, me direz-vous quel rapport avec cette délibération ?
Ben, c’est que nous vous proposons plutôt des mesures correctives quand nous en avons le pouvoir. A défaut de faire ruisseler, nous pouvons au moins essayer de compenser. Face à ce rétrécissement du pouvoir d’achat du plus grand nombre, il convient de ne pas en rajouter en augmentant trop les tarifs. A notre avis, c’est le cas, la hausse est trop importante ! … notamment dans son historique.
Votre exécutif [majoritairement à droite NDLR] propose une quatrième hausse des tarifs en 4 ans soit 7,8% de hausse cumulée quand l’inflation sur la même période a progressé de 2,4% … soit une augmentation du triple de l’inflation, alors que vos prédécesseurs étaient beaucoup plus pondérés sur les augmentations.
Or, vous venez de vous en auto-glorifier, les budgets sont au vert ! Celui de l’eau dégage un « excédent » de fonctionnement de plus de 5m€ et de 7m€ pour l’assainissement. Ne serait-il pas temps d’en faire bénéficier nos concitoyens ? Nous proposons donc une « pause tarifaire » en vous demandant soit de ne pas augmenter les tarifs cette année, soit, a minima, de les caler strictement sur l’inflation c’est-à-dire pas plus de 1,2%.
Ainsi, on ferait bénéficier de nos largesses budgétaires du moment (que nos concitoyens payent par des augmentations de tarif, en réalité !) en donnant un signal que nous sommes sensibles au pouvoir d’achat de nos concitoyens.
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